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Rendre les oeuvres d'art aux africains?

Emmanuel Macron a pris un risque énorme en désignant des rapporteurs, l'économiste sénégalais Felwine Saar et l'historienne Bénédicte Savoy, chargés d'étudier la possibilité, la nécessité, de restituer les oeuvres engrangées par les musées français durant le XX° siècle. Celui d'ouvrir une boîte de Pandore dont personne ne sait ce qui en sortira au final.

En 2011 un diplomate chinois reçu par le conseiller du Premier ministre de l'époque, François Fillon, présente au nom de son gouvernement une requête inhabituelle: la demande de restitution de tous les objets enlevés, au palais d'Eté de Pékin en 1860, par le corps expéditionnaire franco-anglais. La réponse du conseiller fut catégorique et sans appel: rien ne nous permet d'envisager l'acceptation d'une telle demande, les conventions internationales ne le prévoient pas, même en cas de prise de guerre.

En 2015 le Musée chinois de Fontainebleau déplore le vol de tous les objets réclamés par ce diplomate chinois 4 ans plus tôt. Il n'y a aucun doute sur l'identité du commanditaire....

La question est de savoir ce qui a changé depuis 2011, au niveau des conventions internationales, qui obligerait un Président français à vider les musées de son pays.

La réponse: rien n'a changé si ce n'est la naissance de ce sentiment de culpabilité  qui s'immisce de plus en plus dans l'esprit de nos dirigeants et qui les pousse à dilapider le patrimoine national, alors que rien ne le justifie.

98% des oeuvres d'art africain présentées dans les musées européens proviennent de récoltes in-situ faites par des gens honnêtes, qui ont reçu des pièces en cadeau, ont payé ces objets aux villageois désirant les vendre. Pour s'en convaincre, lire ou relire l'excellent livre, l'Afrique fantôme,  de Michel Leiris, ce surréaliste dissident qui, travaillant en 1930 pour la revue "Documents", fut invité par Marcel Griaule, grand ethnologue français, à le rejoindre pour un voyage de plus ou moins trois ans en Afrique noire. Expédition connue sous le nom de  mission ethnographique "Dakar-Djibouti". Ce voyage tant scientifique qu'initiatique fut à l'origine de l'arrivée, de plusieurs milliers de pièces acquises de manière  intègre, sur le territoire français.

Attendons de découvrir le rapport des conseillers chargés, par Macron, de cette étude.....

Les membres de la mission Dakar-Djibouti quelques jours avant le départ en mai 1931.

Quai Branly


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Tags : #restitution #artafricain

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