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Art Africain : repérer une arnaque


Dans le domaine des arts dits premiers, la relation entre un marchand et un collectionneur est absolument primordiale. Comme le rappelait Bondaz en 2015, « la confiance est un élément central dans la relation qui s’instaure: l’authenticité des objets repose avant tout sur l’expertise du vendeur et les collectionneurs doivent suffisamment lui faire confiance. » Toutefois, certains individus, peu scrupuleux et animés davantage par l’appât du gain que par la passion, usent de mécanismes douteux afin d’enrichir le pedigree de leurs pièces.

Ainsi, le discours de ce personnage et la mise en scène de l’objet qu’il propose jouent inéluctablement dans la construction de « l’authenticité ». La valeur d’une pièce est trop souvent fonction de la célébrité de tel collectionneur ou tel missionnaire. Tandis que son histoire, son identité et sa provenance géographique deviennent des éléments secondaires.


Dans l’art dit tribal, il est assez fréquent d’observer une « préparation de la scène » (Touré, 2015). La présentation des objets à la vente est une véritable démarche marketing. A titre d’exemple, revenons sur la célèbre vente de la collection Pierre Vérité, organisée en 2006 par Drouot.  Dans ce cas, comme dans d’autres, le catalogue est étudié avec soin, les collectionneurs y sont présentés de manière avantageuse, comme les expositions ou les grandes rencontres qui ont présenté l’œuvre auparavant. Toutefois, la véritable traçabilité géographique et historique de la pièce n’est visiblement pas primordiale. Les collectionneurs font l’objet d’un « culte de la personnalité » et de la « construction d’un pedigree » par les maisons et les galeries. Des œuvres médiocres sont ainsi parfois présentées comme prestigieuses car elles appartiendraient à des collectionneurs réputés.


Cette pratique, très répandue dans le milieu, est reprise de façon malhonnête par des individus sans scrupules, sur des sites d’enchères ou de vente. Pensez-y, combien de fois avez-vous trouvé la provenance d’une pièce douteuse ? Combien de fois avez-vous tapé le nom de tel, soi-disant célèbre collectionneur, dans la barre de recherche de Google, sans succès? Anne-Marie Bouttiaux, chargée de recherche ethnographique au musée de l’Afrique Centrale de Tervuren depuis 1979, l’évoquait d’ailleurs en 2016. Elle décrit le pedigree comme « parfois totalement artificiel ou inventé ».


Ce microcosme d'escrocs a compris les rouages du marché de l'art africain et s’en sert à des fins cupides. Plusieurs pratiques sont à relever et vous pouvez aisément les repérer :

  1.  Élaboration d’un pedigree inexistant :Utilisation du nom d'une personne qui porte le même nom qu'un collectionneur réputé ou un galeriste connu, mais on y ajoute un prénom différent. En faisant des recherches le concernant sur le web, vous trouvez le collectionneur ou le galeriste, mais si vous y ajoutez le prénom vous ne trouvez plus personne.
  2. Estimation très haute d’un expert inconnu : le vendeur vous propose la pièce à un prix très bas, il s’agirait ainsi d’une véritable affaire en or, étant donné l’estimation faite par un soi-disant expert qui de surcroit n'a pas eu l'objet entre les mains (exemple: objet estimé par cet "expert" à 5.000 - 6.000 euros et finalement proposé et vendu à 450 euros sur des sites d'enchères ou de vente). Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi un vendeur offrirait une pièce si exceptionnelle à un tel prix ?

  3. Dans certains cas, ces escrocs élaborent un faux catalogue ou ouvrage qu'ils présentent comme un livre d'art tout droit sorti d'une maison d'édition: comment repérer qu’il s’agit d’un faux ? Le vendeur présente quelques photos de l’ouvrage, le titre est succinct, aucune maison d’édition n’est visible ou citée, les photos de l’objet sont les mêmes sur le site d'enchères ou de ventes et dans l’ouvrage, et très peu de texte y est annexé. Voyez par vous-même à quel point il est aisé de créer un catalogue photos en le faisant passer pour un livre d'art : https://www.thebookedition.com/fr/creer-un-livre ; https://www.creermonlivre.com/creer-son-livre ; https://www.imprime-ton-livre.com/ La pièce présentée acquiert ainsi une grande valeur aux yeux de l'acheteur. Cette arnaque est fréquente sur ces sites d'enchères.


En conclusion, soyez prudents, n’hésitez pas à demander plus d’informations à ces individus, à les vérifier scrupuleusement, comme la localisation de leurs « galeries », qui souvent n'existent pas, ou encore leurs identités, qui sont-ils, d'où viennent-ils, mais aussi consulter les avis laissés à leurs sujet, s'ils existent...




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Tags : #artafricain #artafricaininfo #arnaque

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